Si vous croisez une personne à la rue qui semble en difficulté par temps froid, composez le 115 : l’appel est gratuit, possible à toute heure, et il n’exige ni de connaître la personne ni d’avoir une solution à lui proposer. S’il y a un danger pour sa vie, c’est un autre numéro, le 15 ou le 18. Depuis le 1er novembre et jusqu’au 31 mars, c’est la période où les dispositifs d’hiver peuvent être activés, département par département.
- Le 115 est gratuit depuis un fixe ou un mobile, 24 heures sur 24, en métropole et en outre-mer.
- Personne inconsciente, qui respire mal ou très peu couverte : 15 (Samu) ou 18 (pompiers), pas le 115.
- L’appel ne garantit pas une place : 7 930 demandes sont restées sans solution le 3 novembre 2025.
- Toute personne sans abri en détresse a légalement accès à un hébergement d’urgence, un droit qui peut se défendre devant le juge.
Plan de l'article
- Quand appeler le 115 plutôt que le 15 ou le 18 ?
- Que dire à l’écoutant pour être utile ?
- Pourquoi le 115 ne trouve-t-il pas toujours de solution ?
- Le plan grand froid change-t-il quelque chose dès novembre ?
- Une personne à la rue a-t-elle un droit à être hébergée ?
- Et moi, concrètement, que puis-je faire ce soir ?
- Quelles sont les questions les plus fréquentes sur le 115 ?
Quand appeler le 115 plutôt que le 15 ou le 18 ? #
Le 115 est le numéro d’urgence sociale. Selon Service-Public.fr, il est gratuit depuis un fixe ou un mobile, en métropole comme en outre-mer, et fonctionne tous les jours, 24 heures sur 24. Il n’est pas réservé aux personnes concernées : la Ville de Strasbourg rappelle que c’est aussi le numéro à composer pour signaler une personne sans abri qui aurait besoin d’aide.
À lire Aide locale à la rénovation : tout ce qu’il faut savoir pour en bénéficier
La frontière avec les secours est simple. Une présentation de la Ville de Paris distingue la personne isolée qui ne présente pas de danger, qui relève du 115, de celle qui se met en danger, par exemple peu couverte dans le froid, qui relève des pompiers au 18.
Pour une urgence médicale, c’est le 15. Le 112 fonctionne aussi pour une urgence médicale ou un péril, et le 114 permet aux personnes sourdes, malentendantes ou aphasiques de joindre les secours, comme le détaille la fiche des numéros d’urgence. En cas de doute sur l’état de la personne, ne pas hésiter : mieux vaut un appel de trop au 15 qu’un retard.
Que dire à l’écoutant pour être utile ? #
Personne ne vous demandera un dossier. L’essentiel est que l’interlocuteur puisse localiser la personne et comprendre sa situation. Quelques éléments font gagner du temps :
- le lieu exact : rue, numéro, sortie de métro, commerce repérable ;
- ce que vous observez : elle dort, elle parle, elle semble désorientée, elle est bien ou mal couverte ;
- la composition : personne seule, couple, enfants, animal ;
- si elle a accepté, ou non, que vous appeliez pour elle.
Tenez-vous-en aux faits et évitez d’interpréter : « elle ne répond pas quand je lui parle » aide davantage que « elle a bu ». Si vous le pouvez, proposez à la personne d’appeler avec elle, car c’est d’abord sa demande qui compte. Et ne la réveillez pas sans raison : une infirmière du Samu social de Paris expliquait à Allodocteurs que l’équipe vérifie qu’une personne endormie respire, sans l’arracher au sommeil.
Pourquoi le 115 ne trouve-t-il pas toujours de solution ? #
Parce que l’appel ouvre une demande, pas une place. Dans sa note sur l’hiver 2025-2026, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) relève 7 930 « demandes non pourvues » au 3 novembre 2025, c’est-à-dire des personnes ayant appelé le 115 sans qu’une solution leur soit proposée. Le chiffre est tombé à 3 135 au 5 janvier, son point le plus bas de l’hiver, puis est remonté à 6 170 au 23 mars.
Les familles ne sont pas épargnées. Le baromètre Unicef-FAS publié en août 2026 compte au moins 2 355 enfants restés sans solution après un appel de leurs parents au 115, la nuit du 18 au 19 août, dont 514 de moins de trois ans. C’est 9 % de plus qu’un an plus tôt et 42 % de plus qu’en 2022, et le baromètre souligne que ces données ne couvrent pas les familles qui n’arrivent pas à joindre le service ou n’y recourent plus.
Un appel qui n’aboutit pas à une place reste utile : il est comptabilisé, et ce sont ces demandes qui rendent le manque visible. Pour la personne elle-même, le 115 peut aussi renseigner sur un accueil de jour, un endroit où manger ou se laver.
Le plan grand froid change-t-il quelque chose dès novembre ? #
Pas automatiquement. Le plan peut être activé entre le 1er novembre et le 31 mars, sur trois niveaux, mais depuis l’hiver 2008 la décision se prend à l’échelon départemental, par les préfectures, et non plus au niveau national, comme le rappelle la Ville de Paris. La FAS décrit des situations très inégales selon les territoires : la première vague de novembre 2025, soudaine et intense, n’a en général pas entraîné de déclenchement.
L’enjeu n’est pas théorique. Le collectif Les Morts de la Rue, cité par la FAS, a dénombré 287 décès de novembre 2025 à mars 2026, dont 71 en novembre, et ces chiffres provisoires peuvent encore augmenter. Quand le plan est déclenché, les maraudes passent plus souvent, les accueils de jour élargissent leurs horaires et des places de mise à l’abri s’ouvrent, parfois dans des gymnases. Certaines places hivernales, ouvertes du 1er novembre au 31 mars, existent aussi hors déclenchement.
Une personne à la rue a-t-elle un droit à être hébergée ? #
Oui. L’article L. 345-2-2 du Code de l’action sociale et des familles prévoit que toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence.
Et ce droit n’est pas que déclaratif : depuis une décision du Conseil d’État du 10 février 2012, une carence de l’État dans sa mise en œuvre, lorsqu’elle entraîne des conséquences graves pour la personne, peut constituer une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, ouvrant la voie à un référé-liberté, procédure d’urgence devant le juge administratif.
Autre voie, moins rapide : le droit à l’hébergement opposable (Daho). Après une demande d’accueil restée sans proposition adaptée, un recours amiable peut être déposé devant la commission de médiation du département ; pour une place en hébergement classique, comme un centre d’urgence, la copie du titre de séjour n’est pas à fournir. Un travailleur social ou une association peut aider à monter le dossier.
Dernier détail pour les habitués du sujet : l’animal n’est pas un motif d’exclusion de principe, puisque les centres d’hébergement d’urgence doivent prendre en compte, le plus possible, les besoins d’une personne accompagnée d’un animal de compagnie, indique Service-Public.fr. Sur le terrain, la FAS note pourtant que ces personnes, comme les grandes familles ou les habitants de zones rurales, ont reçu très peu de propositions.
Et moi, concrètement, que puis-je faire ce soir ? #
Enregistrez le 115 dans votre téléphone, avec le 15 et le 18. En passant près d’une personne installée dehors, dites-lui bonjour, demandez-lui si elle a besoin de quelque chose et si elle souhaite que vous appeliez. Une boisson chaude ou une couverture ne remplace pas un hébergement, mais le contact compte : la présentation parisienne recommande d’entretenir le lien en parlant à ces personnes et en leur montrant des signes d’attention.
Si l’attente au 115 est longue, ce qui arrive, patientez ou rappelez plus tard et restez attentif à l’état de la personne. Pour agir sur la durée, les maraudes et accueils de jour de votre commune cherchent souvent des bras, et un réseau de voisins solidaires permet de repérer plus tôt qui se retrouve isolé dans le quartier.
Quelles sont les questions les plus fréquentes sur le 115 ? #
Le 115 est-il payant depuis un portable ?
Non. L’appel est gratuit depuis un fixe et depuis un mobile, en France métropolitaine et en outre-mer, et il n’apparaît pas sur les factures, selon Service-Public.fr.
Faut-il connaître le nom de la personne pour appeler le 115 ?
Non. Le plus utile est de donner le lieu exact et de décrire ce que vous observez, en proposant si possible à la personne d’appeler avec vous.
Que faire si la personne a l’air inconsciente ou très mal en point ?
N’appelez pas le 115 : composez le 15 pour une urgence médicale, ou le 18 si elle se met en danger, par exemple très peu couverte dans le froid. Le 112 fonctionne aussi.
- Détresse sociale : 115, gratuit, 24 heures sur 24. Danger pour la vie : 15 ou 18.
- Donnez un lieu précis et des faits, sans interpréter.
- Le plan grand froid se décide par département, entre le 1er novembre et le 31 mars.
- L’hébergement d’urgence est un droit, opposable par le Daho et défendable en référé-liberté.

